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Apollo 13
APOLLO 13
PROPOSITION DE PETITE CONFERENCE
Apollo 13 en catéchèse...
---on pourrait dire que "ce n'est pas de la religion".
---on pourrait ajouter que il n'y a pas de rapport avec une oeuvre charitable, comme par exemple le Secours Catholique.
Questions légitimes. Voyons ce que peut nous apprendre ce film.
Beaucoup de choses. Prenons en cinq
1/Tout d'abord une chose trop oubliée, qui est la grandeur de Dieu le créateur, visible à travers la grandeur du cosmos. Et en même temps la petitesse de l'homme, notre fragilité.
Autrement dit ce film peut aider à remettre les choses à l'endroit, il peut aider à dégonfler les humains, trop souvent menacés par l'orgueil, l'enflure et la satisfaction. Certes nous avons réalisé au XXème siècle des inventions prodigieuses, mais cependant nous restons fragiles, Pascal dit : "l'homme est un roseau pensant". Ce qui veut d'abord dire : un roseau.
Oui, dans ce film, l'homme apparaît tel qu'il est : petit, perdu dans l'immensité de l'univers : au lieu de la satisfaction : le vertige. Et c'est bien.
Oui, ce film, même s'il n'a pas l'air d'être du catéchisme, ce film est un hymne puissant à la gloire de Dieu Créateur, et de l'univers sa merveille, et aussi de l'homme sa merveille plus merveilleuse encore, à travers sa fragilité.
2/Deuxième apport de ce film : le type d'homme qu'il nous présente.
Certes les cosmonautes sont des gens supérieurement doués, intellectuellement, et physiquement. Mais cependant (et c'est là un point essentiel), ils restent modestes. Bien loin de se mettre à tout criticailler, à tort et à travers comme on le fait souvent en France, au contraire ils obéissent, je m'excuse d'avoir prononcé ce mot obscène. Ils obéissent à Houston, le Centre de commande qui est situé 250.000 kms plus bas, sur la terre.
Bien loin qu'ils se prennent pour des Superman, Terminator, Robocop, Rambo et autres personnages débiles (malgré leur force apparente), au contraire eux ils savent qu'ils sont faibles et fragiles. Ils tirent leur force, non pas de je ne sais trop quelle magie, mais tout simplement de leur courage, de leur volonté et de leur ténacité.
Par exemple, quand une manoeuvre capitale a échoué à bord de leur chétif vaisseau spatial, ils savent que se mettre en colère ne sert à rien, et qu'il faut tout simplement "reprendre la procédure" (cette expression m'a beaucoup frappé), relire et exécuter scrupuleusement leur check list, obéir à une suite fastidieuse de codes, mais sans lesquels il n'y a rien de possible. Autrement dit on commande aux choses très précisément en commençant par leur obéir, quelle leçon précieuse de nos jours.
3/un certain nombre de qualités présentes dans le film, comme la solidarité des hommes entre eux, que ce soit à terre, ou bien dans ce minuscule "canot pneumatique" perdu dans l'immensité de l'espace. Non pas "tirer son épingle du jeu" comme on le voit si souvent maintenant, non pas "sauve qui peut", mais se sauver tous ensemble. "A tous on peut tout".
4/ Ce film est également utile en ceci : qu'il fait voir aux gens du cinéma, aux directeurs de salle, aux enregistreurs de vidéo qu'ils peuvent gagner de l'argent et gagner leur vie, pas seulement avec des films pourris, où l'on voit à chaque pas des bonnes femmes coupées en morceau, où l'on barbote dans l'hémoglobine et le sexe, pan- pan-pan, mais aussi avec des films qui racontent une belle aventure positive. Et c'est bien le cas d'Apollo 13.
Quand on voit le point où nous en sommes parvenus dans les films : les meurtres, les adultères, les suicides, la torture, le viol, tout ce piment et ce poivre qu'on utilise pour donner un peu de goût aux navets, on ne peut que se réjouir de voir une belle aventure positive remporter un succès mérité. Après tout, le vrai courage, ce n'est pas de tuer, mais de faire vivre.
5/Enfin venons-en à la deuxième objection. Quel rapport avec le caritatif en général et le Secours Catholique en particulier ?
Là je dois dire que les choses sont moins positives. En effet, quand on voit la somme d'ingéniosité, les quantités pharamineuses d'intelligence qu'il a fallu pour mettre sur pied ce programme d'alunissage par les américains, et non seulement le mettre sur pied, mais le sauvegarder quand il connaissait des défaillances graves (comme pour Apollo 13), on ne peut s'empêcher d'être un peu triste de voir, par contre coup, la modestie des efforts que font les hommes pour lutter contre la pauvreté et le malheur ordinaires.
Pendant tout le film je me suis dit : ce qui est entrepris par ces 100 ou 200 techniciens de Houston pour sauver 3 de leurs petits camarades perdus dans l'immensité, tout cela est bien. Mais tous ces gens n'en feraient pas le 1/10ème, ni le 1/100ème pour sauver un Noir qui meurt de faim. Et pourtant, l'Afrique, c'est beaucoup moins loin que la lune; un simple bateau à affréter c'est beaucoup moins onéreux qu'une fusée spatiale.
En conclusion disons tout d'abord ceci : bien loin de nous décourager, cette dernière considération doit au contraire nous pousser à davantage de générosité pour les sollicitations du caritatif.
Certes nous n'avons pas les moyens dont disposent les Etats. Mais cependant nous en avons, et nous pouvons partager, à notre niveau. Et cela, sans vouloir rêver la lune, mais simplement par un effort concret : ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières.
Et vous verrez aussi que, en plus de ses qualités positives, ce film n'est pas ennuyeux et qu'il contient un véritable suspens, une belle aventure de l'espèce humaine et des bons acteurs.
IDEES EN VRAC
---"on n'abandonne pas un homme à Houston". Tout faire pour "sauver" les hommes. Dans d'autres pays on aurait pu dire : bof, un petit tiercé de perdu, ce n'est pas grand'chose. Simplement une bavure.
---Pascal : "l'homme, un rien au milieu de l'infini, un néant à l'égard du tout"... . Ce film peut donner un sentiment plus vrai de la finitude de l'homme, de sa petitesse, c'est-à-dire : dégonfler les baudruches de notre orgueil et de notre prétention.
---ce n'est pas de mourir qui est surprenant, c'est de vivre. C'est l'homme, c'est la vie qui est le miracle. L'homme, est le renversement continuel d'une série de probabilités négatives, de risques négatifs, d'aspirations vers ce néant d'où il vient. C'est l'homme vivant qui est incompréhensible. Ce film peut nous ouvrir les yeux un instant, et nous faire comprendre enfin combien l'homme est improbable.
---la prière des astronautes les premiers arrivés sur la lune.
---cosmonautes : des gens qui obéissent, scrupuleusement, dans un monde de contestation généralisée, où la contestation est devenue non seulement une manie, mais plus encore une fixation obsessionnelle.
---cosmonautes :
**des flegmatiques calmes parmi le matraquage du sensationnel. Quand l'expédition réussit, la télé ne se dérange pas. Mais quand ça commence à sentir un peu le cadavre roussi, alors les chacals, hyènes et charognards accourent caméra au poing, ça les intéresse beaucoup. Le sensationnel, nouvelle drogue moderne.
**la modestie de ces gens. Ils sacrifient leur vie, mais ils n'en parlent pas. Ils attendent leurs consignes de ceux qui sont restés à terre à Houston.
---cosmonautes : ils font leur travail sans commentaire, en silence. Presque un un silence mystique. Presque des moines modernes.
---cosmonautes : ils obéissent; Ils n'ont pas peur de parler de chefs, de commander; Nous, ne sommes-nous pas noyés dans les euphémismes falots : "responsable" au lieu de "chef", comme si le mot "chef" allait nous brûler la gueule..
---laconisme au lieu de baratin. Nous, immergés noyés dans des flots de salive insipide.
---pour mettre les pieds sur la lune, il faut avoir les pieds sur la terre, et beaucoup de ceux qui pensent avoir les pieds sur la terre, en fait ils sont dans la lune.
---la fiabilité des appareils. Vertu propre aux américains. Nous autres les français, le baratin n'apporte pas la fiabilité. Cette notion (et ce mot) de fiabilité, remis en valeur, je crois pas l'aventure spatiale. Faire valoir que ce mot, scientifique, découle du mot foi, fides.
---Simone Weil, la grande, philosophe morte en 1945, dit ceci dans "La pesanteur et la grâce" : l'énergie disponible est inversement proportionnelle à la grandeur du but proposé.
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